Mère de 2 enfants, enseignante et désormais Triathlète

Je suis mère de 2 enfants et enseignante au primaire, passionnée de sport et désormais semi-marathonienne et triathlète. Mon témoignage.

J’ai toujours pratiqué une activité sportive. J’ai commencé la danse classique à l’âge de 10 ans, puis j’ai complété ma formation de danseuse en suivant des cours de ballet-jazz, de claquettes et de rock n’roll. Ces mouvements à la fois chorégraphiques et sportifs, je les ai travaillés avec assiduité pendant 15 ans.

 

Le temps de ma vie de maman …

Puis mon premier enfant est né.

Famille et travail : forcément, le temps consacré au sport s’est réduit comme peau de chagrin, sans toutefois que je néglige complètement toute activité sportive.
Ce sont des cours de musculation dans un fitness à raison de 3 à 4 fois par semaine qui m’ont permis de garder la forme !

Et le 2ème enfant est venu au monde. C’est alors que j’ai dit adieu au sport… pendant presque 2 ans ! Cependant, je gardais toujours cette envie de bouger, de faire des efforts, de me dépenser, de me dépasser… J’ai rapidement commencé à avoir des gros manques mais surtout, une tension nerveuse que je n’arrivais plus à évacuer.

 

Le temps de la reprise sportive…

Au lieu de performer, c’était une complète régression.
J’étais complètement grillée et je n’avais aucune solution…

J’ai décidé de reprendre un sport pour échapper à la vie quotidienne, pour libérer ma tête et mon corps de toutes leurs tensions, pour retrouver un meilleur un équilibre de vie et le plaisir de la dépense physique. J’ai acheté une bonne paire de baskets et j’ai commencé à courir. Mais comme mon corps n’était pas vraiment habitué à ce genre de charge que la course à pied exige, j’ai commencé très modestement. A mes débuts, au bout de 5 minutes, j’étais essoufflée avec un point !!

Ma tête de bélier étant toujours la plus forte, j’ai réussi à augmenter ce temps, jusqu’à courir une heure sans problème.
J’ai couru pendant 7 ans, tous les jours, en faisant presque toujours les mêmes parcours, par tous les temps, malade ou pas (j’ai couru pendant 4 mois avec une pneumonie), comme une droguée. J’allais au-delà de mes limites, jusqu’à ce que mon corps commence à flancher, jusqu’à ce que je n’aie plus aucune ressource.
Au lieu de performer, c’était une complète régression. J’étais complètement grillée et je n’avais aucune solution pour me sortir de cette situation que je pressentais mauvaise aussi bien pour mon physique que pour mon mental.

 

Le temps d’un coup de chance…

C’est alors que j’ai fait une rencontre déterminante.

Par l’intermédiaire d’un ami, j’ai fait la connaissance de Pascal Oberson. Sportif averti, triathlète, Pascal a tout de suite compris que je faisais… tout faux ! Il m’a alors prise en main. Petit à petit et très patiemment, celui qui allait devenir mon coach en triathlon a su me redonner confiance en mes potentiels sportifs et j’ai tout repris depuis le début. Etant à bonne école, j’ai suivi (et je suis encore) ses conseils à la lettre !

 

Le temps de la reprise en main sportive…

 

…la course à pied

Je courais à un niveau cardiaque beaucoup trop élevé

Premier souci de Pascal : Evaluer mes divers seuils cardiaques durant l’effort et définir mon VO2max et ma VMA en passant un test d’effort. L’objectif était de pouvoir planifier par la suite des plans d’entrainements de seuils adaptés et personnalisés.
La montre cardio fréquencemètre POLAR que je portais lorsqu’il m’a fait courir sur « mon parcours » à mon rythme habituel lui a permis de tirer 2 enseignements :

  • je courais à un niveau cardiaque trop élevé beaucoup trop longtemps et surtout,
  • il me fallait 20 minutes pour faire redescendre mes pulsations à mon seuil de repos après seulement 1 heure de course.

Dès lors, il fallait complètement réapprendre à faire fonctionner correctement mon corps et mon cœur dans l’effort physique pour non seulement retrouver le plaisir de progresser mais surtout casser la logique de régression dans laquelle je m’étais enfoncée.

J’ai été très surprise d’apprendre que plutôt que de courir de plus en plus vite, certaine séance de mon premier plan d’entrainement, je devais justement faire le contraire, c’est-à-dire courir très lentement, voire même je devais … marcher. Quelle frustration !

Quelques semaines et plans d’entraînements de seuils plus tard, je me suis inscrite à mes premières courses : les 16 kilomètres de Berne, le tour du canton de Genève, puis Morat-Fribourg et enfin, le semi marathon de Genève en mai 2012. En exactement une année, j’avais relevé, avec succès, un vrai défi ! Mes objectifs en course à pied fixés avec Pascal étaient atteints et je pratiquais un sport de façon saine, avec un réel plaisir !

 

…la natation

J’avais un nouveau défi : apprendre à nager correctement le crawl

Alors que je me donnais à fond à la course, Pascal m’a demandé, un jour, si cela me plaisait de rester assise sur les escaliers de la piscine des Vernets pendant que ma fille prenait ses cours de natation.

« Pourquoi ne pas te jeter à l’eau et faire quelques traversées ?!? » m’a-t-il suggéré.

Piquée au vif, je me suis jetée à l’eau et quelques semaines plus tard, je me lançais un nouveau défi : apprendre à nager correctement le crawl.

Suite à ses conseils, après 6 mois de travail intensif à raison de 2 entrainements par semaine, j’étais capable d’aligner les longueurs de bassin en crawl sans m’arrêter. La course à pied, la natation… « Tiens, et le vélo ? » Je sentais le vent venir : le triathlon me tendait les bras…

 

…le vélo

Courir, nager, il me restait à apprendre à rouler à vélo

Rouler à vélo autrement qu’en accompagnant mes enfants manger une glace au bord du lac : un apprentissage aussi nouveau que celui de la course et de la natation !!

C’est très sérieusement qu’avec mon vélo LOOK tout neuf et adapté à mes récentes envies sportives que je me suis attaquée à faire des ascensions telles que La Barillette et St-Cergue dans le Jura, des sorties sur plat, en groupe, etc.

Et mes réticences vis-à-vis de la bicyclette ont fondu comme neige au soleil face au bonheur de pédaler !

 

Le temps de ma vie de triathlète…

Le dernier mais non le moindre, j’ai dû également apprendre à lever le pied !

Le triathlon a remplacé la danse en tant que passion. C’est le sport que je pratique désormais avec une motivation inconnue jusqu’alors.
Je m’accroche du mieux que je peux et tant pis si mes semaines sont très chargées physiquement (mon plan d’entraînement hebdomadaire : 2 fois natation, 2 à 3 fois course à pied et 2 à 3 fois sorties à vélo).

Je reconnais que ce n’est pas toujours facile de tenir cette cadence d’entrainements, mais c’est le prix que je savais devoir payer pour terminer le premier triathlon auquel je comptais bien participer le plus vite possible !

Si l’entrainement physique est une chose, la nourriture en est une autre. Dans ce domaine aussi, j’ai eu à changer mes habitudes, non seulement en apprenant à manger mieux en termes qualitatifs mais encore en ciblant mieux les aliments en fonction des efforts de la semaine.

Finis les salades à gogo et les grignotages compulsifs ! Sans oublier la boisson… Je dois boire ! Boire durant les activités sportives mais également boire au repos. Pas facile lorsqu’on n’a jamais soif et que l’on n’aime pas l’eau !
« And last but not least » Le dernier mais non le moindre, j’ai dû également apprendre à lever le pied ! Moi qui pensais que de s’arrêter était néfaste, je commence à intégrer l’idée que la récupération fait partie intégrante de mon plan d’entrainement si je veux progresser.

 

Le temps d’affronter la compétition…

Voilà, on ne plaisante plus : je cours mon premier triathlon le dimanche 24 juin. Mon inscription enregistrée, un mélange de peur et d’excitation m’envahit car il me reste peu de jours avant le jour J.

Or, je dois encore apprendre à :

  • nager dans le lac avec une combinaison,
  • maîtriser quelques subtilités spécifiques au triathlon comme les transitions, la gestion des automatismes dans le stress,
  • savoir ouvrir le gel sucré en roulant sans m’en mettre partout et en arroser le vélo, histoire (aussi !) de ne pas trop faire rire mes co-équipiers !!

 

Le temps de mon premier triathlon…

500m de natation en lac, 22 km de vélo et 4.5 km en course à pied. Voici mon challenge de la journée que je prépare depuis 8 mois !

Dimanche 24 juin : réveillée à 6 heures du matin par l’excitation et le stress, j’attends 7 heures pour déjeuner, mais pas facile d’avaler quelque chose… Je mange et je bois peu, mais tant pis.
C’est déjà l’heure de quitter l’hôtel : le départ de la compétition est fixé à 9h30.

Je fais mon sac et je file chercher mon dossard. Sur place, il y a déjà beaucoup de monde. Je vois des athlètes que je pense très performants.
Le doute me gagne : mais qu’est-ce que je fais ici ? J’ai appris à nager le crawl il y a 7 mois et je suis montée sur un vélo de course la première fois il y a seulement 2 mois.

Les filles sont super affutées avec presque toutes des bonnets de natation avec des logos de clubs de triathlon. « Agnès, me dis-je pour me rassurer, tu n’es pas là pour elles !! »

Dans 15 minutes, ça commence !

J’enfile ma combi et je me dirige vers le départ au bord du lac. Ouf ! La température du lac est agréable, c’est déjà ça !
Je reste derrière toutes les filles par précaution, car je n’ai pas envie qu’on me passe par-dessus.
Mon cœur bat la chamade. Enfin, j’entends le « pan » du départ. Je ne comprends rien à ce qu’il se passe. Les filles partent comme des boulets de canon. Je me jette à l’eau et je commence à nager.
Je vois tout de suite un immense écart entre elles et moi, dès le départ, mais j’essaie de ne pas perdre confiance. Je me fixe derrière une triathlète qui fait de la brasse afin d’éviter de devoir regarder devant et ainsi pouvoir me concentrer sur mon crawl.

La distance me parait plus longue que durant l’entraînement, mais j’arrive enfin à l’autre bout du lac. Je ne suis pas trop fatiguée. Je cours au stand de transition…

Mais où sont-elles, toutes les autres filles ?

Un point positif au fait de ne pas être dans les premières ?
On a toute la place pour soi!

Personne à côté, mais quand même, j’aurais voulu être un peu plus entourée. Mais où sont-elles, toutes les autres filles ??? Déjà loin…

… d’où je repars sur mon vélo. Et je fais un constat : je commence à rouler… seule. Et puis, hourra! Je rattrape une fille, puis 2, puis 3 ! Je suis toute contente, je me dis :« Au moins, tu ne seras pas LA dernière ».

50 minutes de vélo plus tard, je reviens relativement en forme au stand de transition pour enchainer et finir le triathlon par la course à pied.

Et là, ô surprise : nous ne sommes que très peu…
Pas grave : je participe, c’est l’essentiel.
J’enfile mes chaussures et c’est parti pour 5 kilomètres de course à pied. Je suis maintenant en pleine forme et je dépasse quelques concurrentes. Je tiens le rythme.

Petit à petit, je vois la ligne d’arrivée qui se profile. Mes enfants sont là, ils me tendent la main et je finis la course main dans la main avec eux.

 

Le temps de l’émotion et de la reconnaissance…

Je suis complètement sonnée par l’émotion, tellement heureuse et fière d’avoir fini mon premier triathlon.

J’embrasse mes enfants puis je cherche Pascal du regard. Je sais que c’est parce qu’il m’a accompagnée dans mon envie de reprendre le sport que j’ai pu remporter cette belle victoire, sportive certes, mais aussi personnelle.

Ses plans étaient précis et adaptés à mon niveau et de mes aptitudes. Il a su à merveille m’aider à me surpasser physiquement et mentalement, avec intelligence et écoute. Grâce à sa bienveillance, sa patience et à ses conseils avisés, je suis allée au bout de cette première compétition en étant sûre que j’en serai capable.

Quelques semaines avant, il m’avait dit :
– Tu verras, tu finiras entre 1h30 et 1h35.
– Tu rêves! Je pense finir entre 1h45 et 1h50 au mieux.
– Tu paries ? »

J’ai fini en 1h…35 !

Nous nous retrouvons, je le serre dans mes bras : ON AVAIT REUSSI …

Vivement le prochain triathlon !

Par Agnès Décaillet membre de LaTRIbu Valais

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